2007

Train de mémoire

Texte par Katrie Chagnon

Au moyen de la peinture, de la photographie et de l'installation, Éric Lamontagne invente des lieux imaginaires où prennent formes différents récits, au croisement de l'histoire de l'art, du conte et de l'univers quotidien. Faux-semblants, trompe-l'œil, citations et mises en abîme sont autant de stratégies qu'emploie l'artiste pour mettre en lumière les mécanismes de l'illusion propres à l'art, l'inscrivant dans un espace théâtral où le spectateur est appelé à réfléchir sur sa propre position. Dans cette exposition, la mise en scène imaginée par Lamontagne se rapporte essentiellement à la peinture et à sa tradition. Les tableaux présentés se donnent comme les fragments d'une histoire à réinventer, une histoire que l'artiste se propose de déconstruire tel un casse-tête aux morceaux interchangeables. Entre ses mains, l'histoire de l'art devient malléable et se découvre un nouveau potentiel sémantique dans la mise en relation de styles et de techniques hétérogènes. Le passage du temps, la mémoire et l'absence sont évoqués par des paysages de grands formats où se lit l'effacement et la décomposition d'une nature qui ne vit désormais que par la représentation. Peintes à partir de photographies de voyages, ces images portent avec elles la temporalité du souvenir. Or, ce lieu métaphorique, est également celui de la matérialité picturale. En effet, l'artiste porte une attention particulière au « faire » artistique; il confère au support et au pigment une forte présence physique, qu'il vient ensuite projeter dans un espace tridimensionnel.